Que faire de mes déchets alimentaires (ou « biodéchets ») ?

Que faire de mes déchets alimentaires (ou « biodéchets ») ?

D’abord qu’est ce qu’un biodéchet ?

Ce qu’on appelle dans le langage populaire « déchets alimentaires », possède en réalité une appellation plus précise et mieux définie : les biodéchets.

Ce terme instauré en 2011 désigne « tout déchet non dangereux biodégradable de jardin ou de parc, tout déchet non dangereux alimentaire ou de cuisine issu notamment des ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que tout déchet comparable provenant des établissements de production ou de transformation de denrées alimentaires. » Ce terme regroupe par exemple les déchets de cuisine (épluchures de fruits et légumes, coquilles d’œuf…) ou les restes de repas (trognons, os, couenne…).

Les biodéchets sont malheureusement peu triés par les ménages français. Ils représentent 30% de nos ordures résiduelles, c’est donc 18 tonnes de biodéchets qui sont produits chaque année par les ménages.

Le problème avec ces biodéchets c’est qu’ils émettent énormément de gaz à effet de serre une fois déchargés notamment à cause du tassement des déchets. En effet le tassement des déchets allié à la fermentation des biodéchets provoque des émissions de méthane dans l’atmosphère. Le problème du méthane est qu’il a un pouvoir de réchauffement 25 fois plus fort que le CO2 et que du CO2 est aussi utilisé pour incinérer les déchets.

Trier les biodéchets à la source est donc un moyen très simple de réduire les émissions de méthane et de CO2 dans l’atmosphère.

Les lois concernant les biodéchets

Comme vous vous en doutez, ce terme n’a pas été instauré par hasard en 2011. En effet, il fallait définir précisément ces déchets dans le but de mieux les gérer et de sensibiliser la population. Ainsi dès 2011 des réglementation sont mises en place pour les professionnels afin de mieux gérer les biodéchets et les huiles alimentaires. Les professionnels sont par exemple obligés au-delà d’un certain seuil de biodéchets et d’huiles alimentaires de trier ces derniers à la source (article R. 543-225 du Code de l’Environnement et arrêté du 12 juillet 2011 pour la fixation des seuils).

Les seuils ont diminués chaque année depuis 2012 afin de toucher le plus de professionnels possibles, jusqu’à atteindre 10 tonnes de biodéchets et 60 litres d’huiles alimentaires par an. C’est à dire que tous les organismes professionnels qui atteignent ce seuil sont contraint de trier leurs biodéchets. En 2023 ce seuil atteindra les 5 tonnes de biodéchets par an. Ainsi en 2024 quelle que soit la quantité produite la collecte séparée des biodéchets sera obligatoire.

L’objectif dès 2025 est que professionnels et particuliers aient intégrés un système de collecte de biodéchets peu importe la quantité.

Mais comment les professionnels font pour gérer leurs biodéchets ?

Pour la majorité des entreprises, ce sont des prestataires privés qui s’occupent de la collecte de leurs biodéchets. Certaines entreprises s’occupent de leur collecte mais cela nécessite d’avoir un agrément sanitaire délivré par l’Etat pour valider la gestion des biodéchets au sein de l’entreprise.

Quelle que soit la méthode de collecte, les déchets rentrent dans un processus de compostage ou de méthanisation afin de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Certains prestataires de collecte de déchets réutilisent aussi les biodéchets pour la fabrication d’aliments pour les animaux.

Pour finir les professionnels peuvent aussi donner leurs biodéchets à des associations qui viennent les récupérer une fois par semaine. Le but est de les valoriser de plusieurs façons différentes comme par exemple faire de l’engrais pour les maraîchers comme le fait l’association « La Recyclada » à Albi.

Et comment peut-on faire pour gérer les biodéchets à la maison ?

La solution la plus simple est le compostage domestique. Cette solution consiste à mettre tous nos biodéchets dans ce qu’on appelle un composteur. Il y a d’ailleurs plusieurs types de composteurs disponibles :

  • Le lombricomposteur (composteur individuel basé sur la digestion de déchets alimentaires par des lombrics) en appartement ;
  • Le composteur domestique de jardin en maison individuelle, notamment en zone rurale ;
  • Le composteur collectif de proximité, ou compostage partagé, par exemple un « chalet de compostage » en pied d’immeuble.

Le compostage « maison » est un très bon moyen de limiter la quantité de déchets que les organismes publics doivent traiter. Il permet de réduire par trois le volume de biodéchets. Cela s’explique par le fait que ces derniers sont majoritairement constitués d’eau. Ce qui est produit grâce au compostage domestique peut donc être réutilisé pour nourrir des plantes par exemple.

Concernant le lombricompostage vous trouverez un super lombricomposteur d’appartement par exemple chez la jeune marque lyonnaise Natuco. Grâce à leur meuble lombricomposteur Lombrico vous pouvez valoriser vos déchets organiques en appartement. Leurs lombricomposteurs sont fabriqués à base de déchets de l’industrie alimentaire et contribuent ainsi au recyclage dès leur fabrication.

Ce type de compostage est complémentaire d’autres méthodes de collecte des biodéchets comme la collecte séparée organisée par les collectivités.

Et pour le futur ?

D’ici 2025 l’objectif est que toutes les collectivités mettent en place des solutions pour collecter les biodéchets à la source. C’est à dire que les ménages séparent eux-mêmes les déchets afin qu’ils soient récupérés par les collectivités. Le but est de les valoriser et non de les mettre en décharge comme actuellement. Ce type de collecte peut prendre la forme de bacs individuels ou conteneurs, ou encore bornes collectives par exemple. Ces systèmes de collectes devront seulement respecter les conditions générales de salubrité définies au Règlement sanitaire départemental afin d’être viables.

Le chemin est encore long avant d’atteindre le zéro gaspillage et la valorisation de 100% de nos déchets, mais toutes ces solutions permettent de voir d’un œil positif le futur du tri de nos déchets surtout si tous les acteurs se mettent ensemble dans cette lutte contre le réchauffement climatique.

Sources :

https://takeawaste.fr/gaspillage-alimentaire-tri-des-biodechets-que-dit-la-reglementation/

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